Au cours d’un panel axé sur «le Déficit énergétique : Et si les miniers apportaient la lumière ?» du 10 ème édition du forum MAKUTANO organisé jeudi 14 Novembre au salon Congo du pullman de Kinshasa, Jean -Paul ILUNGA MBAYO, ingénieur en électricité à Kibali GoldMine, filière de Barrick Gold a évoquer les défis auxquels font face les miniers en termes d’investissements dans les infrastructures énergétiques. Grand Sponsor de ce forum annuel , Kibali Gold Mines a partagé son expérience dans la quête des solutions afin de combler tant soit peu le déficit en énergie.
Selon lui, trois défis majeurs méritent une attention particulière notamment.
Primo, le défi économique
Le plus grand défi demeure les taxes liées à la construction des infrastructures énergétiques .
« Quand vous êtes en train de construire les infrastructures énergétiques comme les centrales et autres. Il y a de taxes très coûteuses. Et comme le ministre venait de le dire avec l’exonération de taxes liées aux équipements utilisés dans la construction des infrastructures énergétiques, cela pourra nous faciliter les choses » a-t-il fait savoir aux participants à ce grand rendez-vous annuel des hommes d’affaires de tous secteurs.
Et d’ajouter
« Kibali est autonome et ne dépend pas de la desserte en énergie de la Snel. Nous sommes autonomes et nous utilisons notre propre énergie produite par Kibali »
insiste cet ingénieur.
Secundo, défi géographique
Le deuxième défi est la situation géographique de l’usine de Kibali. En effet, cette mine est située à Doko dans la province du Haut Uele donc dans la partie Nord Est de la RDC. Un milieu tres enclavé et de ce fait, aucune ligne d’interconnexion de la Snel ne passe par là. C’est ce qui a poussé ce géant minier à trouver des alternatives pour bien fonctionner.
Troisième défi, investir dans l’énergie renouvelable
Face à ce déficit, Barrick à travers sa filiale
Kibali a choisi d’investir dans l’énergie renouvelable.
En effet, rappelle l’ingénieur, la mine d’or de Kibali a débuté son exploitation avec une centrale thermique composée de générateurs diesel d’une capacité totale de 43 MW.
En 2015, elle a initié une transition vers les énergies vertes dans le but de réduire sa dépendance aux générateurs, diminuer les coûts de production d’énergie et réduire les émissions de carbone.
Les investissements ont inclus:
– La Centrale hydroélectrique Nzoro 2: 22 MW, 2015.
– La Centrale hydroélectrique Ambarau: 10,3 MW, mi-2016
– La Centrale hydroélectrique Azambi: 10,1 MW, fin 2018.
La demande énergétique de la mine est en moyenne de 43MW avec une oscillation de plus ou moins 4 MW toutes les 1,5 minutes en raison du treuil du puits vertical, créant des variations de charge des générateurs.
Pour stabiliser le réseau, un système de stockage d’énergie par batteries a été mis en place, absorbant les pics de demande négative et fournissant de l’énergie lors des pics positifs, tout en maintenant la charge des générateurs stable.
Cela a eu pour effet de diminuer les nombres de générateur tournant de façon significative et maximiser la production hydro et par conséquent, réduire le cout des énergies.
Inspiré par le succés de la mine Sœur de Barrick au Mali, Kibali Gold Mine a lancé, en 2020, une étude de faisabilité d’une Centrale solaire (PV) de 19 MWc, 16 MW énergie, avec 15 MW/30 MWh de système de stockage d’énergie par batterie.
C’est en 2024 que le projet est mis en sur le site de la Centrale hydroélectrique Ambarau sur une surface de 42 hectares. Cependant, sa mise en service est planifiée pour le 2ème trimestre de 2025
Au sujet des avantages économiques de ce système, il cite, notamment :
– Le développement d’un modèle énergétique pour les prévisions sur 10 ans, retour sur investissement en 6 ans avec un taux de rentabilité interne (TRI) de 21% ;
– Economies annuelles prévues de 11,34 millions de dollars.
Ce panel axé sur auquel a prit par l’ingénieur en électricité de kibali goldmines, Jean Paul ILUNGA MBAYO a connu la participation du ministre des ressources hydrauliques et de l’électricité de la RDC Teddy LUAMBA, du dg de la snel fabrice LUSINDE, du directeur général de kamoa Cooper Ben MUNANGA ainsi que du président de la société congolaise d’eau et d’électricité de Goma MWANZA SINGOMA.
Nice KILONDO

