Après le naufrage du bateau MV MERDI survenu sur le lac Kivu en début du mois d’octobre, les autorités ont exigé le port du gilet de sauvetage pour tous les passagers. Alors que la sécurité maritime est censée être une priorité, une nouvelle problématique prend forme : celle du monnayage des gilets de sauvetage. Une pratique qui suscite colère et indignation.
« J’ai perdu des amis ce jour-là », confie un passager qui a échappé de justesse au naufrage. « Nous avons tous compris que nous devions porter des gilets de sauvetage, mais jamais je n’aurais pensé devoir en payer un. C’est inacceptable « , poursuit-il.
Par ailleurs, une mère de famille exprime son désespoir : « Je n’ai pas les moyens de débourser mille francs congolais pour un gilet. Pourquoi devrions-nous payer pour ce qui devrait être un droit fondamental ? Nos vies valent-elles si peu ? »
La société civile de Kalehe dénonce avec force cette situation. Elle confie que certains armateurs et membres d’équipage exigent des frais exorbitants pour fournir des gilets de sauvetage, alors qu’ils devraient être distribués gratuitement à tous les passagers. « C’est un racket qui met en péril la vie de nombreuses personnes », s’indigne Sikayoko Akim, appelant les autorités à prendre des mesures immédiates.
Face à cette situation, les habitants du territoire de Kalehe dans la province du Sud-Kivu demandent aux autorités compétentes de réagir rapidement. « Nous voulons que la sécurité sur le lac Kivu devienne une priorité », insiste un habitant local.
« Il est temps que des règles strictes soient mises en place pour garantir la sécurité des passagers. Les gilets de sauvetage doivent être accessibles à tous, sans condition. »
La montée des préoccupations autour de la sécurité maritime sur le lac Kivu ne peut être ignorée. Les usagers réclament une meilleure réglementation et des sanctions contre ceux qui exploitent la détresse des passagers pour en tirer profit.
Emmanuel NDJADI Pascal

