Le climat éducatif de la ville de Butembo s’apprête à connaître un tournant significatif avec le lancement de la campagne « Zéro uniforme », prévu pour le lundi 21 octobre 2024. Cette initiative, portée par la Synergie des Groupes Sociaux, a été annoncée lors d’une rencontre marquée par une forte mobilisation.
Frank Mukenzi, porte-parole de la synergie, a précisé que cette campagne touchera tant les écoles publiques que privées, englobant les niveaux primaire et secondaire. Selon lui, cette démarche s’inscrit dans une volonté d’accompagner les enseignants dans leur lutte pour de meilleures conditions de vie, tout en garantissant un accès à une éducation de qualité pour leurs enfants.
« Nous allons accompagner cette grève par diverses actions. Nous appelons tous ceux qui se soucient de la bonne vie des enseignants à s’associer à cette grève. Les plus concernés sont ceux qui sont à l’école. Nous ne voulons pas voir les enfants aller à l’école alors que leurs enseignants ne sont pas présents », a-t-il martelé, exhortant les parents à garder leurs enfants à la maison à partir de lundi.
Face à cette annonce, le chef de la province éducationnelle Nord Kivu II, Shalumoo Tsambali, a réagi en soulignant que les mouvements citoyens n’ont jamais eu le pouvoir d’engager les enseignants. Il a appelé à la retenue, incitant les enseignants à reprendre le chemin de l’école. « Les professionnels de la craie ne doivent pas se laisser étouffer par des intérêts égoïstes. Ce n’est pas en restant chez eux qu’ils trouveront une solution. J’invite les enseignants à retourner en classe en attendant une réponse du gouvernement », a-t-il conscientisé.
Depuis le 2 septembre, les enseignants des écoles publiques de Butembo se sont engagés dans un mouvement de grève, ne se présentant plus à leurs postes de travail. Les revendications sont claires : un salaire minimum de 500 dollars (soit 1 million 500 mille francs congolais), la mécanisation des enseignants nouvelles unités (NU) ainsi que ceux non payés (NP), une retraite honorable, le paiement équitable de la prime de gratuité dans toutes les écoles, la transparence des listings de paie, et la suppression des zones salariales.
Emmanuel NDJADI Pascal

