24 heures après la dénonciation Premier président de la cour de cassation Ndomba Kabeya Elie-Léon, lors de l’audience solennelle de la rentrée judiciaire 2024-2025, le mardi 15 octobre 2024, en présence du président Tshisekedi, fustigeant les « attaques populistes » dont sont victimes les magistrats depuis un certain temps, le Ministre de la justice Constant Mutamba est revenu sur le sujet ce mercredi 16 octobre devant ses services du ministère.
«La justice ne veut pas dire magistrature, c’est la confusion que l’on a entretenu pendant des années. Tous ceux qui dénoncent le discours populiste ne précisent pas quelle loi le ministre a violée. Ce sont plutôt eux qui doivent respecter la loi», a lancé Constant Mutamba
Par ailleurs, le ministre d’état à la justice rappelle à ces magistrats dits véreux de rester dans le statu quo ou alors de changer de pays.
«Le principe du plus fort est dépassé. On a le choix de rester dans les statu quo soit de changer le pays. Si vous voulez que j’entre dans les réseaux pour martyriser notre peuple et nous tous nous nous tapons des millions comme d’habitude pour construire des maisons ça et là».
Et d’ajouter «Je ne sais pas, lorsqu’ils se réunissent, tous ces réseaux mafieux, ils devraient avoir honte d’eux. Honte parce qu’ils ont affaire à un jeune qui a encore un sang chaud, qui devrait plus verser dans les anti valeur qu’eux. Lorsque c’est un jeune qui doit les administrer des leçons de morale et éthique, il y a un problème».
Sans citer le ministre Constant Mutamba dans son discours, sachant que ce dernier pointe les magistrats comme principaux responsables de la déliquescence de la justice congolaise, le Premier Président de la Cour de cassation Ndomba Kabeya Elie-Léon a évoqué « l’importance du rôle spécifique du greffier » et de « l’atteinte au principe constitutionnel de la présomption d’innocence ».
« Les magistrats que nous sommes avons également besoin d’être couverts par cette présomption d’innocence par rapport aux discours populistes qui nous vilipendent en longueur des journées. Même s’il est évident que dans nos rangs, il y a certainement des antivaleurs », avait-il déclaré.
Il a saisi cette occasion pour dénoncer en même temps ce qu’il a qualifié de « jugement des réseaux sociaux », où il suffit qu’un moindre soupçon pèse sur un individu pour voir sa photo circuler sur internet. Et selon lui, les plus concernés actuellement par ces « verdicts du net » sont les magistrats.
« Je voudrais parler ici de l’atteinte au principe constitutionnel de la présomption d’innocence à l’heure des NTIC où le Tribunal du net fonctionne en plein régime. Car, il suffit d’être soupçonné d’un quelconque fait répréhensible pour être condamné par la voix des réseaux sociaux en violation de tous les droits de la défense », a fait remarquer le professeur Ndomba.
Une polémique qui est loin de tirer ses rideaux entre l’actuel ministre de la justice et les magistrats.
HLN

