Sud-kivu : Journée mondiale de prévention du suicide, une problématique préoccupante

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Chaque 10 septembre, le monde entier se mobilise pour la journée mondiale de prévention du suicide. Un événement qui revêt une importance capitale, notamment au Sud-Kivu, où l’association de prévention et de lutte contre le suicide s’engage à sensibiliser tant les médias que la population sur cette question épineuse.


Pour l’année 2024, le thème retenu est : “Changer le discours sur le suicide.”

Lumière Singay, présidente de l’association en question, souligne que la province est confrontée à un nombre alarmant de cas de suicide, dont les causes sont aussi variées que préoccupantes. Les problèmes financiers, les conflits familiaux, la solitude, le chômage, ainsi que divers troubles psychologiques tels que la dépression, la dépendance à l’alcool ou la schizophrénie, constituent des facteurs déterminants qui poussent certaines personnes à envisager l’irréparable.

Historiquement, en République Démocratique du Congo et sur le continent africain dans son ensemble, l’idée même que l’on puisse mettre fin à ses jours était largement absente. Cependant, aujourd’hui, nous constatons une augmentation des suicides non documentés. De surcroît, certaines traditions stipulent que si une personne tente de se suicider et qu’une autre parvient à la sauver, celle-ci doit alors se soumettre à des rites spécifiques. Dans de nombreuses familles, le silence prévaut, et des individus souffrent en cachette, n’ayant personne à qui confier leurs tourments, ce qui les conduit à s’isoler davantage,” déclare Lumière Singay.

Dans un souci de prévention, elle appelle les médias à faire preuve de prudence et d’éthique dans leur couverture des faits divers relatifs au suicide, en évitant de divulguer des détails qui pourraient inciter à l’imitation.

Lumière Singay insiste également sur l’importance d’encourager l’échange et le dialogue au sein des communautés, même si la quête de personnes dignes de confiance s’avère de plus en plus ardue dans un monde où l’individualisme prédomine. En favorisant la communication, il devient possible de briser le cycle de la souffrance silencieuse et d’apporter un soutien essentiel à ceux qui en ont besoin.

Emmanuel NDJADI pascal

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