Le 2 septembre dernier, la ville de Goma a été le théâtre d’un enterrement collectif touchant au moins 200 personnes déplacées par le conflit, décédées dans des conditions précaires au sein des camps, notamment à cause de la famine et du manque de soins médicaux.
Une révélation troublante est survenue ce 9 septembre, lorsque la famille d’un jeune garçon, qui pensait avoir assisté à ses obsèques, a retrouvé son corps cinq jours après à la morgue de l’hôpital CBCA Ndosho.
Johnson Ishara Butaragaza, acteur politique et jeune de Goma, a confirmé avoir été en contact avec cette famille. Selon son témoignage, après l’enterrement, le père a commencé à faire des cauchemars, dans lesquels son fils lui révélait qu’il n’avait jamais été enterré. Intrigués, les membres de la famille se sont rendus à la morgue, où ils ont effectivement découvert le corps de leur enfant.
Suite à cette découverte, la famille a organisé une seconde cérémonie d’obsèques pour enterrer dignement leur fils.
Des informations similaires à cette affaire circulent également sur les réseaux sociaux, notamment à travers un message vocal qui est devenu viral.
Dans cet audio, une voix féminine, se présentant comme proche de la famille, indique que le corps retrouvé appartenait à un jeune de 17 ans, habitant Kiheru dans le territoire de Nyiragongo, tué par des hommes armés non identifiés.
L’audio précise que le cercueil, supposé contenir son corps, était présent au stade de l’Unité le jour de l’enterrement collectif, affichant le numéro 207. Cependant, selon nos sources, ce cercueil n’a jamais quitté la morgue.
Interrogé sur cette situation, le Dr Josué Muhindo, médecin directeur de l’hôpital CBCA Ndosho, a déclaré ne pas être au courant des rumeurs qui circulent sur les réseaux sociaux et n’a pas souhaité faire d’autres commentaires.
Rappelons qu’au cours de la cérémonie du 2 septembre, au moins 200 corps de déplacés de guerre ont été enterrés au cimetière Génocost à Kibati, après un hommage organisé au stade de l’Unité à Goma, en présence de plusieurs autorités nationales et provinciales.
EMMANUEL NDJADI Pascal

